Neuf nouveaux projets prennent naissance à l’Abbaye de Parc

Pour neuf artistes, le lieu, les archives et le paysage constituent directement le point de départ de nouvelles œuvres.

Gabriela Albergaria crée avec Care as a Fundamental Right (2026) une installation vivante composée de branches, de troncs, de mousses, de feuilles, de terre et de plantes récoltés sur le domaine. La croissance, la décomposition, les champignons et les insectes continueront de transformer l’œuvre tout au long de l’exposition.

Dans la bibliothèque historique, Leonor Antunes développe une nouvelle installation inspirée de l’architecture, du plafond en stuc du XVIIe siècle et des archives. L’artisanat, la transmission des savoirs et les formes de travail souvent invisibles sont au cœur de sa démarche. Un concert consacré à la musique d’Éliane Radigue viendra plus tard activer l’œuvre sur le plan sonore.

Ana María Caballero part, avec Semblance of Self (2026), de poèmes commémorant l’entrée de femmes au sein d’une communauté religieuse. À travers la poésie, l’image en mouvement et un modèle d’IA spécialement développé pour le projet, elle explore ce que les documents historiques ont rendu visible — et les voix individuelles qui, au contraire, s’y sont effacées.

Pour le réfectoire historique, Tarik Kiswanson développe une sculpture pneumatique qui se gonfle et se dégonfle lentement, tel un corps qui respire. L’œuvre s’inspire des parachutes utilisés pendant la Seconde Guerre mondiale pour larguer des pianos Steinway aux soldats. Elle met en relation vulnérabilité, conflit, musique et possibilité d’un nouveau départ.

Irene Kopelman travaille à partir de la biodiversité du site de l’abbaye. En collaboration avec des scientifiques, elle étudie les papillons de nuit recensés sur le domaine lors de précédents inventaires. Le dessin devient un moyen de mettre en dialogue observation scientifique et regard artistique.

L’artiste bruxelloise Hana Miletić s’est plongée dans les anciens livres de chants des Prémontrées de Gempe conservés à l’abbaye. Les annotations manuscrites, les mélodies et les traces d’usage sont transposées en nouvelles œuvres textiles et en compositions vocales, interprétées par Amina Szecsödy.

Felipe Mujica a découvert des roses des vents historiques dans des manuscrits topographiques du XVIIe siècle. Pour Rosa de los vientos (2026), il les transpose en grandes bannières textiles. Des ateliers menés avec des communautés locales viennent prolonger le projet.

Tout en haut de la bibliothèque, Laure Prouvost crée un nouveau paysage in situ entre les anciennes charpentes en bois. Branches, oiseaux en céramique, filets et objets trouvés s’installent entre les poutres et invitent les visiteurs à découvrir littéralement l’abbaye sous un autre point de vue.

Daniel Steegmann Mangrané part, pour une nouvelle version de La Pensée Férale, d’un arbre mort présent sur le domaine, devenu un habitat important pour les pics, les abeilles sauvages, les insectes et les champignons. Sa forme exacte est moulée en bronze, faisant ainsi coexister la permanence de l’œuvre et la transformation écologique.

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