Le paysage comme archive vivante
Un paysage conserve des histoires. Dans les bâtiments, les arbres, les chemins et le sol se trouvent les traces du passé. Les artistes de Paysages entrelacés lisent le paysage comme une archive vivante et font ressurgir des histoires et des souvenirs cachés.
D’autres artistes considèrent le paysage lui-même comme un vecteur d’histoire.
- Dans Hear Her Calendar System A Year of Thirteen Months (2025) de Bianca Baldi, un figuier sycomore d’Éthiopie devient le témoin silencieux d’une histoire coloniale et écologique. Une photographie prise par son grand-père en 1939, pendant l’occupation italienne, constitue le point de départ d’une œuvre qui explore d’autres manières de penser le temps et la mémoire.
- Dans Live Feed (2019), Rossella Biscotti s’intéresse à la fascination occidentale pour les « fleurs cadavres » (corpse flowers). Derrière ces spectacles botaniques se dessinent des récits liés à la classification, à la circulation coloniale, aux savoirs scientifiques et au déplacement des espèces et des informations.
- Pierre Huyghe présente Untitled (Human Mask) (2014). Dans un restaurant abandonné de la zone d’évacuation autour de Fukushima, un singe dressé et masqué évolue dans un paysage où les structures humaines ont disparu, tandis que d’autres formes de vie se poursuivent. L’œuvre brouille progressivement les frontières entre l’humain et l’animal, la nature et la culture, l’autonomie et le conditionnement.
- L’artiste américaine Meg Webster, pionnière de l’art écologique, propose avec Sand Circle (1980) une intervention d’une grande simplicité. Un cercle de sable devient à la fois une image de la concentration, du temps géologique et de la transformation perpétuelle. Chaque mouvement, chaque contact ou variation d’humidité peut en modifier à nouveau la forme.